En France, Salvia divinorum et la salvinorine A sont interdites depuis l'arrêté du 2 août 2010, publié au Journal officiel du 1er octobre 2010, qui les classe sur la liste I des substances vénéneuses. Les détenir, les acheter, les transporter ou les faire venir de l'étranger est puni jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende. Aux Pays-Bas, la plante n'est pas classée et se vend légalement. Cette page fait le point au 10 octobre 2026 ; elle ne remplace pas l'avis d'un avocat.
Le texte français
L'arrêté du 2 août 2010 portant classement sur les listes des substances vénéneuses (NOR : SASP1020740A) tient en deux articles. Le premier dit : « Sont classées sur la liste I des substances vénéneuses les substances suivantes : Salvia divinorum ; salvinorine A. » Le texte est reproduit en annexe du rapport des centres antipoison sur la sauge divinatoire, qui retrace aussi la procédure : une enquête de l'Afssaps, présentée à la Commission nationale des stupéfiants et psychotropes en 2010, qui a proposé ce classement.
On lit parfois que la salvia figure parmi les stupéfiants. La liste des stupéfiants est un autre texte, l'arrêté du 22 février 1990, et la plante n'apparaît pas dans sa version consolidée publiée par l'ANSM. Le classement sur la liste I suffit cependant à interdire presque tout ce que l'on peut faire avec la plante.
Ce que prévoit le Code de la santé publique
L'article L5432-2 du Code de la santé publique (consultable sur Légifrance) punit de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 € d'amende le fait, pour quiconque, de fabriquer, d'importer, d'exporter, de transporter, d'offrir, de céder, d'acquérir, de détenir ou d'employer de manière illicite des plantes ou substances inscrites sur les listes I et II.
| Situation | Ce que dit le texte | Peine maximale |
|---|---|---|
| Garder chez soi des feuilles ou un extrait | détention | 5 ans et 375 000 € |
| Acheter, recevoir, se faire donner | acquisition | 5 ans et 375 000 € |
| Rapporter d'un séjour, commander depuis la France | importation, transport | 5 ans et 375 000 € |
| Donner ou revendre à un ami | offre, cession | 5 ans et 375 000 € |
| Faire pousser une bouture | détention d'une plante de la liste I | 5 ans et 375 000 € |
| En bande organisée, ou offre et cession sur un réseau de télécommunication, à destination d'un public non déterminé | circonstance aggravante | 7 ans et 750 000 € |
L'usage n'est pas cité en tant que tel. Drogues Info Service en tire la conséquence logique : puisque la détention est interdite, l'usage n'est légalement pas possible. Les peines du tableau sont des maximums ; un tribunal tient compte des quantités et des circonstances.
Les Pays-Bas : légale, sous surveillance
Aux Pays-Bas, la loi sur les stupéfiants (Opiumwet) ne mentionne ni Salvia divinorum ni la salvinorine A. Nous avons vérifié la version en vigueur depuis le 17 septembre 2026, listes I et II comprises, le 10 octobre 2026. Les feuilles et les extraits se vendent donc légalement en smartshop, aux adultes.
Le sujet n'est pas clos pour autant. En 2013, en réponse à des questions parlementaires, le ministère de la Santé a jugé une interdiction non souhaitable, les risques et le nombre d'usagers étant estimés faibles (réponse publiée aux annexes des débats, 2012-2013, n° 2718). En septembre 2022, l'institut de santé publique RIVM a publié une évaluation des risques qui conseille au ministère d'envisager de limiter ou d'interdire la vente. Au 10 octobre 2026, nous n'avons trouvé aucune décision prise sur cette base. Un changement reste possible ; vérifiez avant un séjour.
Belgique et Suisse : interdite
- Belgique. La plante et la salvinorine A figurent dans la législation sur les drogues depuis 2006 : détention, importation, exportation et commerce sont interdits, selon le service d'information flamand Druglijn.
- Suisse. Salvia divinorum (sauge divinatoire) et la salvinorine A sont inscrites au tableau d des stupéfiants interdits de l'ordonnance du DFI sur les tableaux des stupéfiants (RS 812.121.11), état au 13 mars 2026.
Ailleurs dans la francophonie
- Canada. La salvia est inscrite à l'annexe IV de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances par un décret publié le 12 août 2015, entré en vigueur 180 jours plus tard. La production, le trafic, l'importation et l'exportation sont interdits ; la simple possession ne l'est pas.
- Allemagne, pays de passage fréquent vers les Pays-Bas : la plante figure à l'annexe I de la BtMG, la loi sur les stupéfiants.
Pour les autres pays, nous n'avons pas trouvé de source primaire assez récente ; ils ne sont donc pas listés ici.
Un séjour aux Pays-Bas, et rien au retour
Les produits présentés sur ce site ne concernent qu'un séjour aux Pays-Bas, pour un usage sur place, par des adultes. Concrètement :
- n'en commandez pas vers la France, la Belgique ou la Suisse : la livraison est une importation ;
- ne rapportez rien, même une petite quantité entamée : passer la frontière avec, c'est transporter et importer ;
- ne traversez pas la Belgique ou l'Allemagne avec des feuilles ou un extrait dans vos bagages, la plante y est aussi interdite ;
- sur place, ne conduisez pas après en avoir pris.
Ce qui n'est pas utilisé pendant le séjour reste aux Pays-Bas. Le choix entre feuilles et extraits est détaillé sur la page feuilles et extraits.

